Résumé : 1544, Henri VIII, Roi d'Angleterre, en guerre contre le Roi de France, François Ier, assiège Boulogne. Sous le commandement de leur valeureux mayeur, Antoine Eurvin, les Boulonnais rivalisent de courage pour défendre leur ville et sont prêts à mourir pour elle. Nicolas et Sylvette, les héros de cette histoire, sont emportés dans la tourmente de cette guerre où le désordre, les atrocités et la peste règnent. Raymonde Menuge-Wacrenier, après de patientes recherches dans les documents d'époque, raconte dans ce récit romancé une page de l'histoire de France. Extrait du livre : Boulogne carillonne. En ce jour dédié au Seigneur, les cloches joyeusement se répondent. Celles de Saint-Pierre-au-Nord, de Saint-Nicolas dans le bourg, celles de Saint-Wulmer, de la petite église Saint-Jean et de Notre-Dame dans la ville haute, à l'abri derrière ses remparts. Elles se liguent pour annoncer la grand-messe. La rue n'est plus qu'un défilé de chapeaux à la plume frissonnante, de tricornes de velours où s'égarent quelques chaperons, de mantelets de velours, de satin, doublés de fourrure, de pourpoints de soie ou de brocart, de chausses de couleur. C'est que, alors que le bourg abrite le peuple, charbonniers, charretiers, marins ou artisans, enchâssée dans ses fortifications comme dans un écrin, la Ville recèle maîtres mariniers, riches échoppiers, osteliers, apothicaires, noblesse en titre ou noblesse usurpée au service de l'Eglise ou à celui du Roy. L'abbaye Notre-Dame, puissante depuis que Louis XI, promu Comte de Boulogne, a fait hommage du Comté à la Vierge, y siège et y domine. Tout ce beau monde s'achemine vers l'église. Derrière ce brillant cortège, se faufile Grégoire, nez en l'air, avec son visage criblé de taches de son et ses cheveux coupés à l'écuelle, Grégoire et son pauvre costume de toile qui a souffert de l'échauffée nocturne. Oh ! Le jeune garçon n'a pas l'intention d'écouter l'office ! C'en est bien assez des psalmodies des prêtres chantant mâtines à la chapelle Sainte-Catherine qu'il entend péniblement chaque matin, à demi éveillé. Certes non ! Mais tout cet apparat, ce piétinement de souliers à bout pointu, l'étonnent et l'attirent comme un aimant. Jamais dans son village côtier, il n'a vu tant de monde et surtout si bien mis ! La foule s'agglutine sur le parvis, s'engouffre sous le porche. Oublieuse, elle foule au pied les tombeaux des Comtesse Ide de Lorraine et de Mahaut, les deux bienfaitrices illustres de Boulogne, prend place sur les bancs en bois.